De la ghettoisation à la microhabitation

Publié le par karine

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, beaucoup de villes furent détruites.
Avec l' Etat, s est mise en place une vague de constructions de logements neufs. Cela a permis à certains d' avoir alors un logement avec confort : sanitaire, chauffage ...

Donc dans les années 1950, la France, par le biais de politiques d' habitat draconiennes, a relogé des milliers d'habitants.
Seulement après cette vague de reconstruction il a fallu à nouveau construire massivement : arrivée de nouvelles personnes. On a donc mis en place des barres : de hauts immeubles comprenant de nombreux appartements pour faire face à cette hausse de demande de logement.
Cette méthode avait un point positif : elle n' utilisait pas tout le foncier disponible de la commune. Mais elle avait un gros défaut : elle engendrait la ghéttoisation.

Le phénomène des ghettos n' étant pas propice à l' intégration, le gouvernement veut les supprimer. C' est la raison pour laquelle après avoir vu l' ère des barres, maintenant beaucoup de bailleurs sociaux construisent des petites maisons individuelles.

Le problème c' est que la commune ne dispose pas de foncier à l' infini. Alors elle rase les logements totalement insalubres et envisage de rénover les logements anciens.
Mais ces programmes ont un coût pour les acteurs concernés . Alors l' Etat par le biais d un organisme qu' il a crée : ANRU ( agence nationale pour le renouvellement urbain), finance une partie de ces programmes.

Cependant, pour donner une meilleure image de la commune, certaines villes vont plus vite que la musique. Elles montrent la sortie des appartements à ces locataires précaires sans toujours pouvoir leur montrer un autre logement.

C' est la revue alternatives economiques qui dans son numéro de décembre 2008 révèle le bilan de la rénovation urbaine.
"Les reconstructions ne suivent qu'avec retard les démolitions, ce qui crée des problèmes de relogement".

En ces temps hivernales, cela doit crée des embouteillages téléphoniques au niveau du 115.

Par ailleurs, les nouveaux appartements étant neufs, ils répondent aux nouvelles législations en vigueur qui sont plus strictes qu'auparavant. De fait, le montant des loyers ne diminuent pas bien au contraire.

Payer un loyer de 500 euros quand vous ne gagnez que le SMIC est impossible puisque les bailleurs demandent toujours un revenu 3 fois supérieur au montant du loyer.
De fait, tous ces programmes qui ne sont fait que pour l'amélioration de la qualité de vie des habitants ne les améliorent pas.
Si un couple marié avec un revenu et un enfant habitait dans un F3, il est fort probable que cette famille doit s'orienter vers un F2 et ce d'autant plus avec la crise économique : les bailleurs risquent d'être encore plus prudents dans la recherche de nouveaux locataires.
En d'autres termes, les ouvriers continueront d'habiter les logements qui ne sont pas encore rénoves et donc non sécurisés.

Auparavant, les ouvriers accédaient facilement à l'habitat social, maintenant pour l'obtenir ils doivent avoir des garants. S' ils peuvent avoir des parents qui se portent garants pour eux c'est bien sinon tant pis pour eux, ils vont devoir aller pleurer auprès d'une assistante sociale pour avoir un logement. L'ouvrier ne doit pas avoir de dignité.

Par contre les employés qui construisaient avant beaucoup, préfèrent occuper un logement social.
C'est comme l'emploi : on demande un diplôme pour un rien maintenant, mais celui qui n'en a pas avant pouvait espérer trouver un poste d'ouvrier, même non qualifié. Aujourd'hui les ouvriers non qualifiés n'existent plus.

Demain les logements sociaux ne seront plus habités par les ouvriers.
L'Etat leur trouvera un nouveau type de logement, moins chère à la construction, pour répondre aux porte monnaies des salariés.
Est-ce que nous ré-essaierons les ouvertures de phalanstère de Fourié : alors là quel bond en arrière!
Publicité

Publié dans economie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Y
Je pense que les immeubles ne sont pas responsables de la ghettoisation. C'est la laideur des constructions qui en est responsable. En angleterre et aux USA il y a bien des ghettos avec des maisons duplex pour pauvres. Redonnons de l'esthétique aux constructions, et justement, construisons des immeubles encore plus haut pour permettre avec le foncier restant de créer des parcs plus nombreux et spacieux. Mais ca demande de l'argent, et le jour où l'Etat investira pour le bien du peuple ...
Répondre
K
<br /> Ces barres ont été créees dans les 70's et s'inspiraient du modéle architectural de Le Corbusier.<br /> Ces immeubles modernes dans les 70's devaient accueillir des gens de toute horizon sociale.<br /> <br /> Cependant, les élus, pour répondre à la demande de logements des nouveaux étrangers, ont parqué ces personnes comme on parque du bétail dans ces tours.<br /> Les personnes en grande difficulté économique et sociale étaient ainsi regroupées dans des mêmes secteurs. Elles pouvaient constater que dès lors qu'elles dépassaient leur quartier, elles tombaient<br /> sur des quartiers différents, beaucoup plus lumineux et plus sympathiques parce que comprenaient des structures accueillantes : bibliothéque, cinema ....<br /> <br /> Le problème de ces barres surmontées sur des espaces de dalles notamment dans la région parisienne c'est qu'ils ont parqué les gens à difficulté dedans sans aucune structures compétentes pour les<br /> insérer dans la société. Il m'est arrivé de voir un conseillé envoyer au casse pipe une personne en difficulté en lui disant que sa lettre de motivation était bonne, qu'il n'avait plu qu'à<br /> l'envoyer à l'employeur alors que cette lettre était du style télégraphique.<br /> <br /> Il faudrait que les acteurs concernés par le problème de ces personnes se sentent enfin concernées et fassent vraiment leur travail.<br /> <br /> Car je pense comme toi, si les élus font de jolies petites maisons mais en y logeant que des personnes en difficulté, le problème sera toujours là, on ne fera que le déplacer de ces tours vers des<br /> quartiers de la misère.<br /> <br /> Enfin, il faudrait aussi que les personnes puissent trouver une formation "normale" et non du type avoir une meilleure image de soi car pour moi c'est des formations inutiles. Les gens ont besoin<br /> de se former à un poste de travail et c'est cela qui va leur permettre de retrouver confiance en eux pour obtenir un emploi. Mais la aussi il y a du travail, car il n'y a pas assez d'emploi par<br /> rapport aux demandeurs d'emploi. Les élus nous montrent qu'ils ont le coeur sur la main et "font un geste pour l'emploi" via les contrats aidés.<br /> Pour moi ce n'est pas un emploi, juste un poste pour les rabaisser un peu plus.<br /> <br /> ESt ce que les élus accepteraient des contrats aidés, non alors qu'ils redonnent de la dignité à ces personnes avec des vrais emplois leur permettant de vivre dignement.<br /> <br /> <br />