Le désenchantement des néoruraux

Publié le par karine

J'ai lu un article dans le magazine Marianne de cette semaine ou on évoquait les désillusions des néoruraux.

Il est vrai que c'est très tendance de dire j'habite au vert. D'ailleurs quand on regarde le Site les Copains d'avant, les 3/4 habitent au vert. Les villes seraient elles devenues des villes fantomes dépourvues de la moindre âme qui vive.

Et pourtant les listes pour avoir un logement en ville est toujours aussi longue.
Jeunes hommes et jeunes filles qui habitaient encore chez vos parents, allez vous renseigner et remplir une demande de logement, vu la longueur de la liste d'attente, n'ayez crainte vous avez le temps largement de finir vos études, de chercher un boulot, et avec un peu de chance quelques semaines après une personnes va enfin vous contacter pour vous signaler une possibilité de logement dans un studio situé à 40 km de votre nouveau  boulot.
Oui, car faut pas rêver non plus, les logements au centre ville sont aussi réservés pour les électeurs fictifs.

L'article de Marianne témoignait donc des désillusions de ces anciens citadins.
Le problème avec les citadins qui souhaitent habiter en campagne c'est qu'ils ne savent pas réfléchir.
Ils aiment choisir une commune rurale très éloignée de la ville donc de leur lieu de travail. Plus la commune est retirée, plus la volonté d'y habiter est grande.
Et voila que nos campagnes se sont vues déployer avec de belles maisons de campagne et de beaux grands jardins autour.
Quelle pensée paradisiaque!

Oui, sauf que la campagne ce n'est pas la ville.
En ville, il y a l'éclairage urbain. Et pour avoir fait une étude sur le programme local de l'habitat en mileux rural, je peux vous dire que les nouveaux habitants crient à cors et à cris auprès des élus pour installer un éclairage.
Ces nouveaux ruraux réclament aussi les tout à l'égoût.
... Mais les budgets des communes rurales ne se sont pas élargies avec l'arrivée de ces nouvelles personnes.

De fait, elles déchantent. Elles n'ont pas le confort qu'elles avaient en ville.
Ah, elles sont au vert, il y a moins de pollution pensent elles, mais soyons honnête le paysan qui traite son champ crée aussi de la pollution, et tous les paysans des campagnes ne se sont pas mis au bio.

Par conséquent, ces néoruraux consomment plus d'énergie pour se déplacer (courses, boulot, école, loisir) ce qui entrainent une diminution du pouvoir d'achat. Et cette diminution n'est pas compensée par une meilleure atmosphere car il y a autant de pollution à la campagne, seule l'origine des pollutions est différente.

Vouloir aller s'installer à la campagne c'est comme vouloir le dernier portable qui permet de surfer et de se souvenir ou on a mis la voiture.
De toute façon si vous avez des problemes de mémoire, est ce prudent de conduire surtout   avec le portable dans la main.

S'installer à la campagne est une idée des gens jaloux voulant faire comme son voisin et sans avoir pris le temps de la  réfléxion.

C'est tout le problème de la société de consommation, les gens achétent d'abord puis réflechissent après.
Beaucoup de personnes se rachétent un nouveau portable parce que l'ancien est passé de mode ... mais on achéte pas une maison comme on achéte un portable.

Avec un peu de réflexion et de bon sens, il y aurait eu sans doute moins de néoruraux mais aussi moins de personnes désenchantées.

Publié dans société

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lumieres contemporaines 27/10/2009 11:21


Oui j'ai lu ce dossier qui mettait bien en avant ces problèmes que n'abordent pas forcément les médias traditionnels


jerome 14/05/2009 13:42

Bonjour,

pas trop d'accord avec toi sur cette analyse.
N'oublie tu pas le facteur finncier dans tes arguments? En effet, une maison rurale couter plus cher que sa pendante campagnarde.
De plus, la politique de nos chers politiciens et de leur sacré saint mode de vie à vouloir être proprio pour pouvoir dire j'ai réussi dans la vie (un peu comme la rolex du cinquantenaire...) font que tout le monde veut être propiétaire, à n'importe quel prix.
Bref, une analyse plus poussé de ton billet et moins personnel (j'ai senti dans ton article une pointe de jamousie de ta part envers ces néo proprio campagnard ;-) ) aurait été plus pertinente.

karine 15/05/2009 10:53


En fait, ce que j'ai dit c'est que par jalousie les gens veulent tout tout de suite. Ayant travaillé dans une association de lutte pour l'insertion, j'ai vu de nombreuses personnes expulsées, avec
de gros souci en terme de logement ...

Bref, pour copier sur leurs voisins les gens achètent de suite sans réfléchir à leur situation financière ou sociale.
Arrivées à la campagne les personnes déchantent rapidement car la campagne n'offre pas le confort de la ville : moins d'éclairage public, moins de loisir voire pas du tout ...
De fait, ces personnes s'installant à la campagne en se disant : on va pouvoir faire comme untel et voir notre facture d'impôts locaux diminuer et augmenter notre pouvoir d'achat ont tout faux.
Elles augmenteront leur dépense d'énergie pour les loisirs et le travail et cela sans contrepartie puisque la commune rurale n'a pas les budgets nécessaires pour implanter une piscine par exemple
ni améliorer l'éclairage public, et elle n'est pas suffisamment attrative pour attirer des petits commerces comme on peut en trouver en centre ville (librairie ...).

De fait, vouloir un produit quelconque puis vouloir s'en débarasser parce qu'il ne répond plus à nos attentes et nos besoins est une chose aisée s'il s'agit du dernier portable. Mais s'il s'agit
d'une maison en campagne, surtout au vue de la conjoncture, le délai de revente est plus long. Et vue la conjoncture économique, je ne pense pas que beaucoup de personnes actuellement ont la
possibilité de s'offrir une seconde maison en ville en se disant que celle de la campagne sera une résidence secondaire.

En conclusion, ces néo ruraux déchantent car ils n'auront considéré que la simple question de la nouvelle maison sans avoir réfléchi à la question de leur environnement