Le plan Banlieue

Publié le par karine

Le plan banlieue a été officiellement lancé par François Fillon à Meaux.

Ce fameux plan prévoit la réduction du chômage des jeunes dans les "quartiers fragiles" par la mise en oeuvre de contrat d'autonomie.

Ces contrats seront des contrats d'accompagnement à l'emploi. L'idée, c'est que le jeune soit coaché pour qu'il puisse être mis en situation d'emploi et ensuite suivi sur une période de six mois, explique Fadela AMARA.

Il me semblait pourtant que l'ANPE avait déjà une mission d'accompagnement.

Que fera donc ces nouveaux travailleurs sociaux par rapport aux conseillers ANPE ?
L'ANPE se spécialisera t elle dans la recherche d'emploi pour les séniors et ces nouveaux travailleurs sociaux travailleront qu'avec des jeunes ?

Quelle belle démonstration de mixité.

Le plan nous informe aussi la volonté pour le gouvernement à faciliter l'embauche pour les jeunes.
Très bien, mais sous quelles conditions?

Le gouvernement va encore se satisfaire d'une baisse du chômage gràce aux contrats d'insertion.
Ces jeunes occuperont quel type d'emploi : balayeur de rue, jardinier pour les mairies, ou chauffeur .... alors qu'ils aspirent à tout autre emploi.
Et quand bien même le jeune expliquera son souhait de suivre telle formation pour s'en sortir, on lui répondra non c'est pas possible, on n'a pas les financements.

Moralité, après son contrat d'insertion, le jeune en question retournera à la case départ. Il aura juste appris à travailler avec d'autres personnes mais est-ce que c'était le plus important?

Tant qu'il existera des contrats d'insertion, les employeurs publics comme privés useront et abuseront de ces publics en difficulté car toujours plus nombreux. Ces publics forment une masse salariale importante que les employeurs peuvent utiliser comme bon leur semble.

Alors quand bien même une personne témoigne une volonté de s'en sortir par une assiduité, un travail rigoureux et des heures supplémentaires à ne pas compter, à la fin de son contrat - dès lors que celui-ci ne pourra plus se renouveller - l'employeur informera toujours la personne qu'il ne peut la garder.

Après tout, pour l'employeur pourquoi payer un salarié à 100 % et les charges qui vont avec quand en recrutant un salarié en contrat d'insertion, son salaire est pris en charge entre 70 et 100 % par l'Etat.
C'est toujours tout bénéfice pour l'employeur.

De fait, tant qu'existera ces contrats, les employeurs n'embaucheront jamais via des contrats de droit commun.

Et pour ces publics, c'est toujours vivre en sursis. Pendant deux ou trois ans, elle perçoit le SMIC horaire, mais c'est pour mieux redecendre après.
Pas étonnant donc que les jeunes sont démotivés par ces emplois.


Petit rappel à nos élites, le développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations actuelles sans compromettre les générations futures.
Les contrats d'insertion ne rentrent pas dans ce cadre. Quand se décideront ils à changer ?

C'est un peu comme lorsque l'on voit un enfant essayer de vider l'eau de la mer, cela n'a absolument aucun sens !



      





            

Photo d'une ZUP
Photo d'un petit quartier de Neuilly

Vers plus de mixité sociale ?

Publié dans société

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jeff5000 21/06/2008 21:26

bravo, quelle excellente analyse!
quelle qualite de redaction et d'analayse economique et sociale.

a recommander aux autres blogueurs