Les banlieux

Publié le par karine

Nous entendons beaucoup les politiques discutaient à qui trouvera la solution miracle au problème des banlieux.
Parler de banlieux c'est agir sous une certaine forme discrimination. Parce que lorque l'on parle de banlieux actuellement, on pense ville en difficulté où régne des zones de non droit et de chaos.
Une banlieux n'en est pas moins une ville avant tout.

Au 19e, beaucoup de problèmes d'hygiène se propageaient. Les usines se situaient alors dans les villes et les gens des campagnes pour gagner de l'argent ont migré vers les villes cherchant pour un peu l'Eldorado.

Cependant, l'urbanisme comme nous le connaissons aujourd'hui n'existait pas. Ces populations arrivant en masse, il n'y avait pas suffisamment de logements pour les accueillir. Et le prix des logements n'ont pas diminué en voyant ces migrants arriver bien au contraire.
Tant et si bien, que ces populations ont du s'entasser dans des petits logements voire dehors dans des abris de fortune.
A cause des logements insalubres, des abris de fortune, du manque d'hygiene, du manque de confort et d'habit, en 1832, Paris a connu une grosse épidémie de choléra qui décima une bonne partie de la population.

Les premiers travaux en matière d'urbanisme ont été conduits non pas par des urbanistes mais par des médecins, des socio-économistes. Grâce à ces gens, la ville s'est assainit.
Plus tard avec Haussman, les logements s'ouvrent et s'éclairent davantage. Les logements sont donc plus sains. Parallélement, Paris a fait construire des logements pour répondre à la demande des populations ouvriéres.

Il a fallu du temps pour que les politiques comprennent le problème et arrivent avec les solutions appropriées.

Comble de l'histoire, au 21e siècle la question des logements insalubres est toujours d'actualité. Des marchands de sommeils profitent de la misére de la population ouvrière pour les loger dans des buibuis insalubres et dont la dignité humaine est mise à mal.

Bien sur aujourd'hui, ce n'est pas tant la question de l'hygiène le principal problème. Au 19e, les usines se trouvaient dans les villes, on faisait travailler beaucoup de gens et y compris les jeunes enfants au détriment de leur éducation et de leur santé.

Aujourd'hui quel est le problème? Les usines?
- Celles présentes encore dans les villes polluent énormément: les gens sont malades, ce n'est plus le choléra, cela s'appelle aujourd'hui cancer ou diverses maladies respiratoires. Bien sur les élus vous diront que l'air est sain. Les entreprises font tellement de lobby qu'ils ne peuvent trop y faire. De plus les usines bien souvent emploient les citoyens de la commune responsable de l'élection de l'élu. Un élu ne va pas scier la branche sur laquelle il se trouve.
- Beaucoup d'entreprises sont parties et partent encore vers des pays où les salaires sont moins chers. Avec l'ouverture de la communauté europénne, les entreprises iront facilement vers les pays de l'Est sans remords pour leurs salariés (même si l'on sait qu'elles n'en ont jamais eu)

De fait cela crée beaucoup de chômage.

Lorsque j'étais au lycée, on nous apprenait que les délocalisations ne causaient pas du chômage, puisque la France recrute des chercheurs permettant l'innovation dans des secteurs technologiques porteurs. Seulement, la France aime les stagiaires non rémunérés et les chercheurs sont tellement peu payés qu'ils préférent s'exiler. Il n'y a pas de petit profit. Tant et si bien que la France n'a pas réussi à des développer des nouveaux secteurs technologiques porteurs. On dit même que la France accuse un retard.
En fait, la France comporte beaucoup de chercheurs qui cherchent mais qui ne trouvent pas : les demandeurs d'emploi. De fait le chômage a monté en fléche.

Dans les banlieux, le taux de chômage pulvérise le taux national.
Ctybld10.jpgLes barres et les dalles crées dans les années 1960 -1970 pour loger la population ouvrière a fait plus de mal que de bien. Elle a engendré des groupements de populations ethniques, des ghettos.
Ces lieux n'étaient habités que par des ouvriers de nationalités diverses. La bourgeoisie française ne voulant pas se méler à cette population.

Malthus, pasteur anglais, préconisait la restriction des naissances pour résorber les problèmes économiques.
Soit, mais les valeurs de ce monsieur ne sont pas forcément les valeurs d'une famille congolaise, malienne ou espagnole...
Malgré un taux de chômage élevé, dans ces lieux, le taux de natalité n'est pas inférieur au taux de la moyenne nationale.
Avec en plus la stagnation des salaires par rapport à l'augmentation des prix depuis l'euro, les familles accusent une chute libre de leur pouvoir d'achat.

Les politiques se sont souvent voilés la face en disant améliorer les conditions des cités par un coup de peinture sur les immeubles.
Et quand n'est-il des ascenceurs dont la maintenance est absente, des installations électriques non conformes...

Soit, il y a un problème de délinquence mais celui a été alimenté à cause des mauvaises politiques urbaines.
Maintenant, on entend trouver la solution miracle. Très bien, elle sera venue 30 ans plus tôt cela aurait été mieux. Maintenant il n'y a plus de quoi pavaner.

Si leurs politiques répondent à :
- redonner du sens au centre ville : supprimer les zones laissées à l'abandon et les relier au reste de la ville
- faire diminuer les ghettos par la démolition des barres, des dalles
- faire participer les habitants dans les projets de ville et pas seulement les informer de mais faire en sorte qu'ils puissent être acteur du projet
- améliorer les conditions d'accueil : réhabilitations des logements anciens, faciliter les démarches des citoyens par une meilleure proximité de l'administration, des écoles, améliorer les conditions de transports urbains. Certaines zones sensibles sont délaissées par les transports
- supprimer les contrats aidés telles que nous les connaissons aujourd'hui. Ce pourrait être des contrats aidés avec obligation de placement des salariés, ce qui permettrait de véritablement valoriser leur travail
- responsabiliser davantage les entreprises sur leur politique de recrutement, d'environnement
- établir un passeport culturel pour les familles modestes
- aider les habitants dans la recherche d'emploi et non les "fliquer". Combien d'élus ne veulent pas entendre les habitants sur la question de leur problème d'emploi et les renvoient vers l'ANPE. Pourtant ces mêmes élus sont assez preneurs de contrats aidés , ils sont exonérés des charges et ne paient même pas leur salaire puisque c'est le CNASEA qui les "rétribuent."

Si les politiques agissent sur l'ensemble de ces points ils pourront mériter d'être entendu. Sinon, c'est juste de la poudre de perlinpinpin qui veulent nous jeter aux yeux.

Alors protégeons nos yeux pour ne pas agir à l'aveuglette lors des prochaines élections municipales et cantonales.

Publié dans société

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